24 juin 2024
D'ici à 2025, on s'attend à ce que 4 464 Flamands soient atteints de démence juvénile. "Nous accordons beaucoup d'attention aux personnes âgées et trop peu aux personnes de moins de 65 ans", déclare le neuroscientifique Sebastian Köhler. Il a identifié 15 facteurs de risque de démence précoce, dont certains sont totalement sous votre contrôle. "On ne contracte pas la maladie uniquement en raison de facteurs génétiques", précise-t-il.
La démence juvénile est une démence qui survient avant l'âge de 65 ans. Le vieillissement de la population en Europe occidentale repousse parfois la limite d'âge à 70 ans. "Les premiers symptômes sont souvent si subtils qu'il est difficile de reconnaître la maladie à un stade précoce", explique le neuroscientifique Sebastian Köhler (Université de Maastricht). Selon le Centre d'expertise sur la démence en Flandre, 4 315 personnes étaient déjà atteintes de la maladie en 2020, et ce nombre devrait atteindre 4 464 en 2025. Toutefois, seules 1 800 personnes environ recevront un diagnostic officiel.
Le professeur Köhler a mené son étude en Grande-Bretagne, à la tête d'une équipe qui a analysé les données de 356 052 Britanniques âgés de 30 à 64 ans. Au début de l'étude, les participants ne présentaient aucun signe de démence. Ils ont été suivis pendant plusieurs années afin de déterminer qui avait développé la maladie. "Il s'agit de l'étude la plus vaste jamais réalisée sur le sujet", explique le professeur Köhler. "Jusqu'à récemment, nous n'avions que peu d'informations sur les causes de la démence juvénile, hormis les facteurs génétiques. Nous en savons beaucoup sur la démence à un âge avancé, mais trop peu sur la démence juvénile."
L'équipe a recueilli de nombreuses informations sur le mode de vie des participants. "Nous savions ce qu'ils mangeaient, combien ils bougeaient, quel était leur IMC, s'ils souffraient de maladies cardiovasculaires ou de diabète, s'ils avaient de l'hypertension, etc. Nous avons également analysé leur profil génétique", précise M. Köhler. À partir de ces données, l'équipe a identifié certains facteurs présentant une corrélation significative avec un risque accru de démence infantile, à savoir
"On sait que la génétique joue un rôle important, y compris dans la démence chez les jeunes", explique le professeur Köhler. "Mais ce à quoi nous ne nous attendions pas, c'est que les problèmes de mode de vie et de santé que nous associons souvent à la vieillesse, tels que le diabète, les maladies cardiaques et même l'isolement social, affectent aussi fortement les jeunes.
Ces observations soulignent l'importance d'une intervention précoce et d'un mode de vie sain, non seulement pour les personnes âgées, mais aussi pour les jeunes. "Cela confirme qu'un mode de vie sain et l'attention portée à la santé du cerveau dès le plus jeune âge sont cruciaux. Plus on intervient tôt, mieux c'est", conclut M. Köhler.