Comment se fait-il que certaines personnes présentent les biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer sans jamais en développer les symptômes ? Ce phénomène, appelé « résilience », jette un nouvel éclairage sur la maladie d'Alzheimer et pourrait offrir de nouvelles pistes de traitement.
Les recherches de Luuk de Vries, menées à l'université VU d'Amsterdam et au Netherlands Brain Institute, portent sur les raisons pour lesquelles certaines personnes présentant des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer ne développent pas de symptômes cliniques. Bien que ces biomarqueurs indiquent normalement une maladie d'Alzheimer, ces personnes restent cognitivement intactes. Cette recherche, financée par la Brain Foundation et publiée dans Acta Neuropathologica Communications, est cruciale pour la recherche de traitements plus efficaces.
Grâce à la banque de cerveaux néerlandaise, les chercheurs ont identifié 11 personnes résilientes. Bien que ce nombre soit inférieur aux attentes, il offre une occasion précieuse de comprendre pourquoi certains cerveaux sont plus résistants à la maladie d'Alzheimer.
Les chercheurs se sont concentrés sur le cortex frontal pour étudier les changements moléculaires sous-jacents à cette résilience. Ils ont comparé l'expression des gènes dans trois groupes : des personnes atteintes d'une maladie d'Alzheimer avérée, des personnes résilientes et un groupe témoin. Des résultats intéressants ont été obtenus, notamment une production accrue de métallothionéine, un antioxydant, par les astrocytes, ce qui pourrait empêcher l'accumulation de protéines tau nocives.
Les chercheurs ont également constaté que la « réponse aux protéines non pliées », un processus qui élimine les protéines toxiques, restait relativement normale dans le groupe résistant. En outre, ces personnes avaient plus de mitochondries dans leurs cellules cérébrales, ce qui contribuait à une meilleure production d'énergie. Ces facteurs peuvent expliquer pourquoi ce groupe a conservé ses fonctions cognitives.
Bien que l'on ne sache pas encore exactement comment fonctionne la résilience et s'il est possible de la renforcer, des études antérieures suggèrent qu'un mode de vie sain, comprenant la pratique régulière d'une activité physique, le maintien de contacts sociaux et une activité cognitive, peut retarder les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Il est intéressant de noter que les données montrent également qu'il peut y avoir des différences de résilience en fonction du sexe, ce qui est particulièrement pertinent étant donné que les femmes sont deux fois plus susceptibles d'être diagnostiquées avec la maladie d'Alzheimer.
Les recherches à venir dans le cadre de cette étude se concentreront sur le rôle des lipides et des protéines dans cette résilience, dans l'espoir d'obtenir de nouvelles connaissances qui pourraient renforcer la lutte contre la maladie d'Alzheimer.