17 septembre 2024

Pourquoi les femmes sont-elles touchées différemment par la démence?

Comprendre les différences de risque de démence entre les hommes et les femmes peut aider les scientifiques à mettre au point de meilleurs traitements.

Les femmes ont un risque plus élevé de démence

Oui, les femmes sont plus susceptibles de développer une démence au cours de leur vie. En fait, les femmes sont presque deux fois plus nombreuses que les hommes à souffrir de la maladie d'Alzheimer, la forme la plus courante de démence.

La principale raison de ce risque accru est que les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. L'âge est tout simplement le principal facteur de risque de démence.

La question de savoir si les hommes et les femmes du même âge sont exposés au même risque est moins claire. Certaines études suggèrent que les femmes de plus de 80 ans sont plus susceptibles de développer la maladie d'Alzheimer que les hommes du même âge. Toutefois, jusqu'à cet âge, le risque semble être à peu près le même pour les deux sexes.

Certaines études n'ont pas non plus constaté de différence de risque de démence entre les hommes et les femmes, même dans les groupes d'âge les plus élevés. Il est donc difficile d'affirmer avec certitude que les femmes ont un risque plus élevé que les hommes au même âge.
Cela ne signifie pas pour autant que le sexe ne joue pas un rôle important dans la compréhension du risque de démence. Il est probable que les hommes et les femmes présentent chacun leur propre combinaison de facteurs de risque.

Pourquoi les femmes présentent-elles un risque différent de démence ?

Les femmes vivent souvent des expériences très différentes de celles des hommes au cours de leur vie, en particulier les femmes des générations plus âgées. Certaines de ces différences sont de nature biologique, comme les menstruations, les grossesses et la ménopause.

D'autres différences sont davantage liées aux rôles traditionnels des hommes et des femmes, comme l'éducation, le travail et le mode de vie. Nombre de ces facteurs influencent le risque de démence.

Éducation et stimulation mentale

La réserve cognitive en est un exemple. Nous savons qu'une bonne éducation et la possibilité d'une stimulation mentale continue contribuent à retarder l'apparition de la démence plus tard dans la vie. Or, historiquement, les femmes avaient moins accès aux universités ou aux carrières à long terme dans des professions hautement qualifiées. Cela a conduit certains scientifiques à penser qu'il pourrait s'agir d'un facteur de risque important pour les femmes.

Génétique : variante du gène ApoE4

Une autre différence importante entre les hommes et les femmes peut être trouvée dans la génétique. Un gène spécifique, la variante « ApoE4 », augmente considérablement le risque de maladie d'Alzheimer. Près de deux tiers des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sont porteuses d'au moins une copie de ce gène. Bien que les hommes et les femmes aient la même probabilité d'être porteurs de cette variante génétique, l'effet sur le risque semble être plus important chez les femmes. Les raisons de ce phénomène restent pour l'instant mystérieuses. Cependant, cette différence pourrait s'avérer cruciale pour le développement de futurs médicaments qui pourraient agir différemment chez les hommes et les femmes.

Les lésions cérébrales : un facteur sous-estimé ?

Les lésions cérébrales traumatiques (LCT) constituent un autre facteur de risque de démence, dans lequel les différences entre les sexes peuvent jouer un rôle. Les femmes semblent plus sensibles aux commotions cérébrales et à leurs effets à long terme sur le cerveau. C'est pourquoi certains ont demandé que l'on accorde plus d'attention à la prévention des commotions cérébrales dans les sports féminins, comme le football et le rugby.

Conclusion : la démence est différente pour les femmes

Bien que nous en sachions déjà beaucoup sur les démences, il reste encore beaucoup à faire sur les différences entre les hommes et les femmes. Les femmes vivent plus longtemps, ont souvent un parcours de vie différent et sont affectées différemment par des facteurs génétiques et environnementaux. Il est essentiel que les recherches futures se concentrent sur ces différences afin que les traitements puissent être mieux adaptés aux besoins spécifiques des deux sexes.

L'autodiagnostic du risque de démence constitue la base de votre stratégie de prévention personnalisée pour réduire votre risque.